LES TROIS VILLES

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LOURDES

PAR

ÉMILE ZOLA

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SOIXANTIÈME MILLE

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PARIS

BIBLIOTHÈQUE—CHARPENTIER

G. CHARPENTIER et E. FASQUELLE, éditeurs

11, RUE DE GRENELLE, 11

1894

PREMIÈRE JOURNÉE
III, III, IV, V
DEUXIÈME JOURNÉE
I, II, III, IV, V
TROISIÈME JOURNÉE
I, II, III, IV, V
QUATRIÈME JOURNÉE
I, II, III, IV, V
CINQUIÈME JOURNÉE
I, II, III, IV, V

PREMIÈRE JOURNÉE

I

Dans le train en marche, comme les pèlerins et les malades, entassés surles dures banquettes du wagon de troisième classe, achevaient l'Avemaris stella, qu'ils venaient d'entonner au sortir de la gared'Orléans, Marie, à demi soulevée de sa couche de misère, agitée d'unefièvre d'impatience, aperçut les fortifications.

—Ah! les fortifications! cria-t-elle d'un ton joyeux, malgré sasouffrance. Nous voici hors de Paris, nous sommes partis enfin!

Devant elle, son père, M. de Guersaint, sourit de sa joie; tandis quel'abbé Pierre Froment, qui la regardait avec une tendresse fraternelle,s'oublia à dire tout haut, dans sa pitié inquiète:

—En voilà pour jusqu'à demain matin, nous ne serons à Lourdes qu'àtrois heures quarante. Plus de vingt-deux heures de voyage!

Il était cinq heures et demie, le soleil venait de se lever, radieux,dans la pureté d'une admirable matinée. C'était un vendredi, le 19 août.Mais déjà, à l'horizon, de petits nuages lourds annonçaient une terriblejournée de chaleur orageuse. Et les rayons obliques enfilaient lescompartiments du wagon, qu'ils emplissaient d'une poussière d'ordansante.

Marie, retombée à son angoisse, murmura:

—Oui, vingt-deux heures. Mon Dieu! que c'est long encore!

Et son père l'aida à se recoucher dans l'étroite caisse, la sorte degouttière, où elle vivait depuis sept ans. On avait consenti à prendreexceptionnellement, aux bagages, les deux paires de roues qui sedémontaient et s'y adaptaient,

...

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