LES LOUPS DE PARIS

PAR

JULES LERMINA

(WILLIAM COBB)


II

DEUXIÈME PARTIE

LES ASSISES ROUGES


PARIS

E. DENTU, ÉDITEUR

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES

PALAIS-ROYAL, 15-17-19, GALERIE D'ORLÉANS

1876


    TABLE

I.—Plans d'avenir
II.—Situation
III.—Visions et folies
IV.—Deux ivresses.
V.—Ce qui s'était passé
VI.—La Rivière morte
VII.—Le Guilledou..
VIII.—Chat et souris
IX.—???
X.—Mort ou vivant
XI.—Les Assises rouges
XII.—D'où venait Biscarre?
XIII.—Biscarre s'explique
XIV.—Paradis en enfer
XV.—Le bien et le mal
XVI.—L'épée de Damoclès
XVII.—Le cercle se resserre
XVIII.—Catastrophe
XIX.—Pris dans la toile

I

PLANS D'AVENIR

—Le loch de M. le marquis?... Nom de nom! En v'là un tas de feignants!

—Voilà! voilà!... Pas la peine de crier, tu vas le réveiller, c'thomme!

—Parbleu! il est tout réveillé, puisqu'il demande à boire....

—Et la nuit, comment ça s'est-il passé?

—Un vrai sucre... il a l'âme chevillée dans le corps....

—Tant mieux! c'est un bon zigue!

Ce dialogue, émaillé de mots bizarres, était échangé entre deuxpersonnages dont l'un, à demi caché par une porte entr'ouverte, nelaissait passer que la tête, tandis que l'autre, debout sur la pointedes pieds, présentait une tasse dont il remuait soigneusement lecontenu, au moyen d'une cuiller d'argent.

Le premier—celui qui avait réclamé le loch de façon si énergique—avaitretiré sa tête, et, refermant doucement la porte, était revenu,étouffant son pas, vers un lit soigneusement enveloppé de rideaux épais.

—Êtes-vous là, mon ami? demanda une voix faible.

—Certainement, monsieur le marquis!... Que la foudre écrase Mufliers'il manquait à son service!

—Pas si haut! mon ami, pas si haut!... Donne-moi à boire....

—Voilà l'objet....

Et Muflier—car c'était lui, toujours lui, le beau, l'ineffableMuflier—tendit à Archibald de Thomerville la tasse dans laquelle, parune délicatesse toute maternelle, il avait trempé ses lèvres à ladérobée pour s'assurer que le breuvage n'était pas trop chaud.

Ah! qu'il était vraiment beau, Muflier, les reins ceints d'un longtablier de toile blanche, qui dessinait ses formes d'Antinoüs.

Quelques jours auparavant, on avait rapporté à l'hôtel le corps inaniméd'Archibald. Armand de Bernaye avait aussitôt mis en oeuvre tous lesmoyens que suggère la science pour rappeler à la vie les noyés. Il avaitplacé le corps légèrement incliné, la tête en bas. Puis il avaitinsufflé, lèvre à lèvre, de l'air dans

...

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