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Charles Dickens

BARNABÉ RUDGE

Tome II

(1841)

Traduction Mr Bonnomet

Table des matières

CHAPITRE PREMIER.CHAPITRE II.CHAPITRE III.CHAPITRE IV.CHAPITRE V.CHAPITRE VI.CHAPITRE VII.CHAPITRE VIII.CHAPITRE IX.CHAPITRE X.CHAPITRE XICHAPITRE XII.CHAPITRE XIII.CHAPITRE XIV.CHAPITRE XV.CHAPITRE XVI.CHAPITRE XVII.CHAPITRE XVIII.CHAPITRE XIX.CHAPITRE XX.CHAPITRE XXI.CHAPITRE XXII.CHAPITRE XXIII.CHAPITRE XXIV.CHAPITRE XXV.CHAPITRE XXVI.CHAPITRE XXVII.CHAPITRE XXVIII.CHAPITRE XXIX.CHAPITRE XXX.CHAPITRE XXXI.CHAPITRE XXXII.CHAPITRE XXXIII.CHAPITRE XXXIV.CHAPITRE XXXV.CHAPITRE XXXVI.CHAPITRE XXXVII.CHAPITRE XXXVIII.CHAPITRE XXXIX.CHAPITRE XL.

CHAPITRE PREMIER.

Le lendemain matin, le serrurier resta en proie aux mêmesincertitudes, et le surlendemain, et plusieurs jours de suiteencore. Souvent, après la chute du jour, il entrait dans la rue ettournait ses regards vers la maison qu'il connaissait si bien; etil était sûr d'y voir la lumière solitaire briller encore àtravers les fentes du volet de la fenêtre, quand tout paraissaitau dedans muet, immobile, triste comme un tombeau. Comme il nevoulait pas risquer de perdre la faveur de M. Haredale endésobéissant à ses injonctions précises, il ne s'aventurait jamaisà frapper à la porte ou à trahir sa présence; mais, chaque foisque l'attrait d'un vif intérêt et d'une curiosité non satisfaitele poussait à venir voir de ce côté, et Dieu sait s'il y venaitsouvent, la lumière était toujours là.

Quand il aurait su ce qui se passait au dedans, il n'en auraitguère été plus avancé; ce n'est pas là ce qui lui aurait donné laclef de ces veilles mystérieuses. À la brune, M. Haredale serenfermait chez lui, et au point du jour il sortait. Il nemanquait jamais une seule nuit le même manège. Il entrait etsortait toujours tout seul, sans varier le moins du monde seshabitudes.

Voici comment il occupait sa veillée. Le soir, il entrait aulogis, absolument comme le jour où le serrurier l'avaitaccompagné. Il allumait une bougie, parcourait l'appartement,l'examinant avec soin et en détail. Cela fait, il retournait dansla chambre du rez-de-chaussée, posait son épée et ses pistoletssur la table, et s'asseyait devant jusqu'au lendemain matin.

Il avait presque toujours avec lui un livre que souvent ilessayait de lire, mais sans pouvoir jamais y fixer les yeux ou sapensée cinq minutes de suite. Le plus léger bruit au dehorsfrappait son oreille: il semblait qu'il ne pouvait pas résonner unpas sur le trottoir qui ne lui fit bondir le coeur.

Il ne passait pas ces longues heures de solitude sans rienprendre. Il portait généralement dans sa poche un sandwich aujambon, avec un petit flacon de vin, dont il se versait quelquesgouttes dans une grande quantité d'eau, et il buvait ce sobrebreuvage avec une ardeur fiévreuse, comme s'il avait la gorgedesséchée; mais il était rare qu'il prit une miette de pain pourdéjeuner.

S'il était vrai, comme le serrurier, après mûre réflexion,paraissait disposé à le croire, que ce sacrifice volontaire desommeil et de bien-être dût être attribué à l'attentesuperstitieuse de l'accomplissement d'une vision ou d'un rêve enrapport avec l'événement qui l'avait occupé tout entier depuistant d'années; s'il était vrai qu'il at

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