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BIBLIOTHÈQUE DES MERVEILLES
par
OUVRAGE ILLUSTRÉ
DE 67 FIGURES DESSINÉES SUR BOIS
PAR B. BONNAFOUX
PARIS
LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie
79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
1878
Droits de propriété et de traduction réservés
BIBLIOTHÈQUE DES MERVEILLES
PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION
DE M. ÉDOUARD CHARTON
LE TÉLÉPHONE, LE MICROPHONE
ET LE PHONOGRAPHE
21571-78.—PARIS, TYPOGRAPHIE LAHURE
Rue de Fleurus, 9
À proprement parler, le téléphone n'est qu'un instrument apte àtransmettre les sons à distance, et l'idée de cette transmission estaussi ancienne que le monde. Les Grecs employaient des moyenssusceptibles de la réaliser, et il n'est pas douteux que ces moyensn'aient été quelquefois mis à contribution dans les oracles dupaganisme. Seulement cette transmission des sons ne sortait pas decertaines limites assez restreintes, ne dépassant pas sans doutecelles des porte-voix. Suivant M. Preece, le document le plus ancienoù cette transmission du son à distance soit formulée d'une manière unpeu nette, remonte à l'année 1667, comme il résulte d'un écrit d'uncertain Robert Hooke, qui dit à ce propos: «Il n'est pas impossibled'entendre (p. 002) un bruit à grande distance, car on y est déjàparvenu, et l'on pourrait même décupler cette distance sans qu'onpuisse taxer la chose d'impossible. Bien que certains auteurs estimésaient affirmé qu'il était impossible d'entendre à travers une plaquede verre noircie même très-mince, je connais un moyen facile de faireentendre la parole à travers un mur d'une grande épaisseur. On n'a pasencore examiné à fond jusqu'où pouvaient atteindre les moyensacoustiques, ni comment on pourrait impressionner l'ouïe parl'intermédiaire d'autres milieux que l'air, et je puis affirmer qu'enemployant un fil tendu, j'ai pu transmettre instantanément le son àune grande distance et avec une vitesse sinon aussi rapide que cellede la lumière, du moins incomparablement plus grande que celle du sondans l'air. Cette transmission peut être effectuée non-seulement avecle fil tendu en ligne droite, mais encore quand ce fil présenteplusieurs coudes.»
Ce système de transmission des sons, sur lequel sont basés lestéléphones à ficelle qui attirent l'attention depuis quelques années,est resté à l'état de simple expérience jusqu'en 1819, époque àlaquelle M. Wheatstone l'appliqua à sa lyre magique. Dans cetappareil, les sons étaient transmis à travers une longue tige de sapindont l'extrémité était adaptée à une caisse sonore; de là à l'emploides membranes utilisées dans les téléphones à ficelle, il n'y avaitqu'un pas. Quel est celui qui eut cette dernière idée?... il est assezdifficile de le dire, car beaucoup de ces vendeurs de téléphones sel'attribuent sans se douter même de la question. (p. 003) S'il fauten croire certains voyageurs, ce système serait depuis longtempsemployé en Espagne pour les correspondances amoureuses. Quoi qu'il ensoit, les cabinets de ph