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Non quod fieri debet
Non quod fieri potest
Sed quod fieri solet.
Place de l'École-de-Médecine.
Lorsqu'il s'agit de juger un criminel, la première pensée qui vienne àl'esprit, c'est que la gravité du crime qu'il a commis doit correspondreau degré de sa dépravation morale.
Lorsqu'un aliéné commet un attentat, le premier sentiment est égalementque le délire doit être conforme et proportionné à la violence del'acte.
Dans le premier cas, cette impression sommaire n'est pas toujoursjustifiée par l'étude ultérieure des mobiles auxquels le coupable acédé; dans le second, elle est absolument contraire à l'observation desfaits, et la gravité de l'attentat commis par l'aliéné est le plussouvent en proportion inverse de l'étendue du trouble intellectuel dontil est atteint.
Le mémoire que j'ai l'honneur de soumettre à l'Académie a pour objetd'indiquer les rapports des actes accomplis par les aliénés, et qui chezun homme responsable s'appellent des crimes, avec les formesd'aliénation dans le cours desquelles ces actes sont survenus.
C'est un chapitre détaché de l'histoire des Folies dangereuses. Pourrendre l'exposé plus simple et plus clair, il ne sera question ici quedes aliénés qui tuent, mais ces considérations pourraient s'appliqueraussi aux fous qui incendient et à ceux qui volent.
Si on admet l'existence d'une monomanie homicide, la question devientrelativement facile à étudier. Les impulsions délirantes sont continues,elles concordent avec les conceptions qui semblent les avoir inspirées.Le médecin averti a l'attention éveillée, et le jour où le malade passede l'idée à l'acte, le seul étonnement qu'il soit en droit d'éprouver,c'est que l'attentat se soit fait attendre si longtemps.
Si au contraire l'homicide, au lieu d'appartenir exclusivement à uneespèce, peut être accompli par des aliénés représentant des types variésde la maladie, si la violence peut éclater à l'improviste ou êtrepréparée par de longues hésitations, si elle résulte aussi bien de lamélancolie anxieuse et sombre que de l'excitation maniaque, il importede rechercher comment et à quelles conditions ces états dissemblablespeuvent aboutir à la même conséquence.
Il m'a paru que le meilleur mode d'investigation était de passer enrevue les formes d'aliénation où l'homicide se produit le plus souvent;j'espère démontrer ainsi que des malades différents les uns des autrespour le médecin qui se borne à constater les idées délirantesprédominantes, peuvent offrir des analogies saisissantes à l'observateurqui pénètre plus avant dans l'analyse de la maladie.
Le délire de persécution est certainement celui où la tendance àl'homicide semble le plus logiquement commandée; l'aliéné est sous lecoup d'une pression irritante ou terrible; ses ennemis l'obsèdent, sansqu'il ait fourni le plus léger prétexte à leur hostilité, ilss'acharnent contre lui, le calomnient, le menacent, l'empêchent de jouirde la vie, s'il est ri