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Pélléas and Mélisande

ALLADINE AND PALOMIDES

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BY

MAURICE MAETERLINCK

Translated by RICHARD HOVEY

1911

1896, BY

STONE AND KIMBALL

Contents

PREFACE (by Maurice Maeterlinck)

PÉLLÉAS AND MÉLISANDE
ALLADINE AND PALOMIDES
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Préface.

On m'a demande plus d'une fois si mes drames, de La PrincesseMaleine à La Mort de Tintagiles, avaient été réellement écrits pourun théâtre de marionettes, ainsi que je l'avais affirmé dans l'editionoriginale de cette sauvage petite légende des malheurs de Maleine. Envérité, ils ne furent pas écrits pour des acteurs ordinaires. Il n'yavait là nul désir ironique et pas la moindre humilité non plus. Jecroyais sincèrement et je crois encore aujourd'hui, que les poèmesmeurent lorsque des êtres vivants s'y introduisent. Un jour, dans unécrit dont je ne retrouve plus que quelques fragments mutilés, j'aiessayé d'expliquer ces choses qui dorment, sans doute, au fond denotre instinct et qu'il est bien difficile de reveiller complètement.J'y constatais d'abord, qu'une inquiètude nous attendait à toutspectacle auquel nous assistions et qu'une déception à peu prèsineffable accompagnait toujours la chute du rideau. N'est-il pasévident que le Macbeth ou l'Hamlet que nous voyons sur la scène neressemble pas au Macbeth ou à l'Hamlet du livre? Qu'il a visiblementretrogradé dans le sublime? Qu'une grande partie des efforts du poètequi voulait créer avant tout une vie supérieure, une vie plus prochede notre âme, a été annulée par une force ennemie qui ne peut semanifester qu'en ramenant cette vie supérieure au niveau de la vieordinaire? Il y a peut-être, me disais-je, aux sources de ce malaise,un très ancien malentendu, à la suite duquel le théâtre ne fut jamaisexactement ce qu'il est dans l'instinct de la foule, à savoir: letemple du Rêve. Il faut admettre, ajoutai-je, que le théâtre, dumoins en ses tendances, est un art. Mais je n'y trouve pas lamarque des autres arts. L'art use toujours d'un détour et n'agit pasdirectement. Il a pour mission suprême la révélation de i'infini et dela grandeur ainsi que la beauté secrète, de l'homme. Mais montrerau doigt à l'enfant qui nous accompagne, les étoiles d'une unit deJuillet, ce n'est pas faire une oeuvre d'art. Il faut que l'art agissecomme les abeilles. Elles n'apportent pas aux larves de la ruche lesfleurs des champs qui renferment leur avenir et leur vie. Les larvesmourraient sous ces fleurs sans se douter de rien. Il faut que lesabeilles nourricières apportent à ces nymphes aveugles l'âme mêmede ces fleurs, et c'est alors seulement qu'elles trouveront sans lesavoir en ce miel mystérieux la substance des ailes qui un jour lesemporteront à leur tour dans l'espace. Or, le poème était uneoeuvre d'art et portait ces obliques et admirables marques. Mais lareprésentation vient le contredire. Elle chasse vraiment les cygnesdu grand lac, et elle rejette les perles dans l'abîme. Elle remet leschoses exactement au point où elles étaient avant la venue du poète.La densité mystique de l'oeuvre d'art a disparue. Elle verse dansla même erreur que celui qui après avoir vanté à ses auditeursl'admirable Annon

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