En 1837, le bal de l'Opéra n'était pas encore tout à fait envahi parcette cohue de danseurs frénétiques et échevelés, chicards etchicandards (cela se dit ainsi), qui, de nos jours, ont presqueentièrement banni de ces réunions les anciennes traditions del'intrigue et ce ton de bonne compagnie qui n'ôtait rien au piquantdes aventures.
Alors, comme aujourd'hui, les gens du monde se rassemblaient autour d'ungrand coffre placé dans le corridor des premières loges, entre lesdeux portes du foyer de l'Opéra.
Les privilégiés se faisaient un siège de ce coffre et le partageaientsouvent avec quelques dominos égrillards qui n'étaient pas toujours dumonde, mais qui le connaissaient assez par ouï-dire pour faire assautde médisance avec les plus médisants.
Au dernier bal du mois de janvier 1837, vers deux heures du matin, unassez grand nombre d'hommes se pressaient autour d'un domino fémininassis sur le coffre dont nous avons parlé.
De bruyants éclats de rire accueillaient les paroles de cette femme.Elle ne